Oiseau captif

Aujourd’hui, je vous parle du dernier livre que j’ai lu, Oiseau Captif de Jasmin Darznik, Stéphane Marsan éditeur.

C’est la vie romancée de Forough Farrokhzad, poète iranienne (et non pas poétesse, nuance qui joue un rôle important dans le roman).

Cette jeune femme au destin remarquable et bouleversant, a vécu 32 ans entre 1935 et 1967. Dans un pays où les femmes n’avaient (et n’ont toujours pas je pense) de grandes facilités pour vivre leur vie, elle a su faire entendre sa voix, suivre malgré tout sa voie, et a créé une poésie riche et sensible, exprimant avec liberté ses désirs et ses sentiments, choses inimaginables pour une femme à l’époque.

J’ai aimé ce livre qui dresse avec finesse le portrait d’une femme et d’un pays, sans manichéisme, exposant la complexité des êtres et des villes. La présence de Téhéran est aussi très forte, et on ressent l’attachement de Forough pour son pays, malgré tout.

Pour vivre son destin d’artiste, et gagner sa liberté, elle a payé un prix très lourd… Oiseau captif est un titre parfait, qui décrit bien l’ambivalence de sa vie. Elle a eu la force et l’énergie de quitter sa cage et la vie qu’on avait tracé pour elle, même elle n’a pu complètement s’envoler.

Pour en savoir plus sur Forough.

Voici un poème de Forough:

Je reviendrais saluer le soleil,
Je recommencerais à accueillir le soleil
et ce flux qui ruisselait en moi,
les nuages de mes pensées déployées,
la douloureuse croissance des peupliers du verger,
qui m’accompagnèrent à travers les saisons sèches;
je saluerai le vol de corneilles
qui m’apporta le parfum nocturne des champs
et ma mère qui habitait le miroir
révélant une image de mon vieillissement;
j’accueillerais la terre qui dans son désir de me recréer gonfle
son ventre en feu de vertes semences.

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