Galère

J’ai marché jusqu’à la mer
Qui s’était retirée au loin
J’ai laissé les vagues
Caresser mes orteils.
J’ai admiré
Les premiers envols des petits goélands
Sous l’œil attentif de leurs parents.

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J’ai regardé mes mains,
Je les ai plongées dans l’eau
Et j’apercevais déformée
La bague de tes fiançailles ratées,
Que je porte à mon doigt
Depuis le jour où tu me l’as confiée.

Cette bague qu’un homme oublié,
T’avait offerte,
Promesse non tenue,
En échange d’un baiser.
Il est parti,
Je suis venue.

Après, il y a eu d’autres bagues
Et d’autres amours
Et d’autres enfants.
Mais la blessure est restée intacte.

Cette bague que tu ne portais plus
Tu me l’as donnée le jour de mes seize ans
En souvenir d’un homme
Qui m’est inconnu.
Pourquoi ne me suis-je pas méfiée !

Je suis là maintenant
Des années plus tard
Avec ce bijou de pacotille
Et toutes mes amours naufragées,
Mes années de galère,
De chemins sans issues
De mauvais alcools bus
Sans joie dans des cafés glauques
Perdus au fond de rues sans soleil.