Blocage en maths: comment utiliser son cours?

Très fréquemment les élèves me disent connaître leur cours et néanmoins ne pas arriver à faire les exercices.

C’est un problème complexe, autant de personnes autant de raisons.

On peut néanmoins dégager des grandes lignes:

Ces élèves n’apprennent pas leur cours dans la perspective de s’en servir. Tout au plus l’apprennent-ils pour la prochaine interrogation de cours.

Ces élèves ne savent pas apprendre, plus exactement, ils n’ont jamais appris à apprendre! Eh oui, si cela semble évident à certains, et aux professeurs en particuliers, souvent il y a une méconnaissance des gestes mentaux nécessaires à la mémorisation. Or pour mémoriser, il est important de transformer l’information, de différentes façons. Il ne suffit pas de lire son cours. Il est important d’être actif et de le transcrire de différentes façons: le souligner, le réécrire, sous forme de fiches, de cartes mentales, se le réciter, faire des associations d’idées, parfois loufoques, pour apprendre telle ou telle formule, s’imaginer être en situation d’utiliser le cours, par exemple pour résoudre tel ou tel exercice, l’expliquer à quelqu’un d’autre… Et surtout le faire en plusieurs fois, à quelques jours d’intervalles.

Dormir. En effet, le sommeil joue un rôle essentiel dans la mémorisation. Apprendre le cours juste avant l’interrogation est particulièrement contre productif: cela ne sert à rien et génère du stress.

Une fois le cours appris, il est important de réactiver régulièrement ses connaissances. En effet ce que l’on n’utilise pas est oublié (en général. J’ai constaté aussi qu’il y a des choses dont je n’ai absolument rien à faire et que je n’utilise pas  mais dont je me souviens très bien. Ce qui me questionne sur mon inconscient….! ).

Comment on cherche, comment on réfléchit? 

© Coonlight | Dreamstime.com - The Thinker By Auguste Rodin Photo

© Coonlight | Dreamstime.com – The Thinker By Auguste Rodin Photo

Quand le professeur dit « réflechissez! » ou encore « Cherchez cet exercice! », qu’est-ce qu’il se passe dans la tête et qu’est-ce qu’il serait efficace qu’il s’y passe?

Car si pour certains c’est un mécanisme tellement évident qu’ils ne s’en rendent même pas compte, voire ne peuvent pas le transmettre puisqu’ils ne savent pas comment ils font, pour d’autres c’est une énigme.

Il faut comprendre qu’il y a un mouvement d’aller-retour, entre le problème, l’énoncé, le stock dans lequel on va chercher le théorème ou la formule ou la définition qui semble aller, revenir à l’énoncé pour voir si l’outil choisi convient, l’adapter, recommencer, affiner… Avec la pratique, on acquiert plus d’aisance, mais il faut surtout, pour chaque exercice comprendre ce que l’on met en oeuvre (pourquoi le professeur -ou un camarade, ou soi-même), a-t-il pensé à tel théorème ou propriété, quels sont les indices pertinents…? Dans quelles situations analogues  est-il possible d’utiliser le même théorème, comment la question aurait pu être également posée,…? Cela nécessite de faire un bilan à la fin de chaque exercice.

Je détaille un peu cela dans la vidéo de ma chaîne YouTube.